Le vote par approbation proportionnel

Déroulement du scrutin

Forme des bulletins

Contrairement aux scrutins proportionnels classiques, les partis politiques n’ont pas à déposer de liste de candidats. N’importe quel nombre de candidats, affiliés ou non à un parti, peut se présenter à l’élection.

Dépouillement

Dans cette méthode, il ne s’agit pas d’attribuer des sièges aux différents candidats selon leur score, mais de trouver la combinaison de candidats la plus populaire.

Par exemple, imaginons une élection où quatre candidats A, B, C et D s’affrontent et où trois sièges sont mis en jeu. Les 1000 électeurs votent de la manière suivante (pour simplifier, on considère qu’ils n’ont voté que de trois manières différentes) :

Groupes d’électeursNombre de bulletinsVoix pour AVoix pour BVoix pour CVoix pour D
Groupe d’électeurs 1255255255255
Groupe d’électeurs 2347347347
Groupe d’électeurs 3398398
TOTAL1000

On détermine dans un premier temps les combinaisons possibles de trois sièges en fonction des quatre candidats. Il y en a quatre : ABC, ABD, ACD, et BCD. L’objectif est maintenant de trouver la combinaison la plus populaire.

Pour ce faire, il faut additionner les voix données par les différents groupes d’électeurs. Si un bulletin ne comprend qu’un candidat parmi les trois, il rapporte 1 voix, si le bulletin comprend deux des trois candidats, il rapporte 1 + ½ voix, et si ce sont les trois, il donne 1 + ½ + ⅓ voix, et ainsi de suite.

Le tableau ci-dessous récapitule le nombre de voix obtenu par chaque combinaison selon cette méthode de calcul :

Groupes d’électeursVoix ABCVoix ABDVoix ACDVoix BCD
Groupe d’électeurs 1467,5382,5382,5382,5
Groupe d’électeurs 2520,5347347520,5
Groupe d’électeurs 30398398398
TOTAL9881127,51127,51301

Le groupe 1 donne 255 × (1 + ½ + ⅓) = 467,5 voix à ABC, car les bulletins comprennent trois candidats de cette combinaison. En revanche, pour ABD, il n’y a que deux candidats (A et B) sur les bulletins, le nombre de voix attribué est donc de 255 × (1 + ½) = 382,5.

Les totaux nous indiquent que c’est la combinaison BCD qui obtient le plus de voix, c’est donc à ces trois candidats que les sièges sont attribués.

La méthode séquentielle

Cette méthode est une simplification du vote par approbation proportionnel. Au lieu de chercher la combinaison la plus populaire, les sièges sont attribués un à un lors de tours successifs en tenant compte d’une diminution progressive de la puissance de vote des bulletins.

Un bulletin vaut une voix divisée par (1 + le nombre de candidats déjà élus sur ce bulletin).

Si l’on reprend l’exemple précédent, voici ce que donne le premier tour :

Groupes d’électeursValeur du bulletinVoix pour AVoix pour BVoix pour CVoix pour D
Groupe d’électeurs 11255255255
Groupe d’électeurs 21347347
Groupe d’électeurs 31398
TOTAL255602602398

Les candidats B et C sont à égalité. Puisqu’il reste encore trois sièges à attribuer, tous deux sont élus.

Lors du second tour, on recalcule la valeur des bulletins de chaque groupe d’électeurs. Puisque B et C ont obtenu un siège, la valeur des voix du groupe 1 est égale à 1/(1+2) = ⅓.

Groupes d’électeursValeur du bulletinVoix pour AVoix pour BVoix pour CVoix pour D
Groupe d’électeurs 185ÉluÉlu
Groupe d’électeurs 2
Groupe d’électeurs 31398
TOTAL85398

Le candidat D obtient le plus haut nombre de voix, c’est donc lui qui récupère le troisième et dernier siège.

Avantages et inconvénients

Bien que ces méthodes ne reposent pas sur des listes et n’utilisent pas de quotient électoral, elles font bel et bien partie des scrutins proportionnels. Dans l’hypothèse où les électeurs votent uniquement pour des candidats de leur parti préféré, le nombre de sièges est attribué proportionnellement à ces préférences. Et si les électeurs votent pour des candidats de différentes familles politique, le résultat reste proportionnel, cependant, cette proportionnalité ne s’apprécie pas en fonction des partis politiques, mais des listes personnalisées composées par les électeurs sur leur bulletin. Il s’agit donc d’un mode de scrutin qui peut fonctionner avec ou sans parti politique tout en garantissant le respect des préférences individuelles des citoyens.

La méthode de base est très fastidieuse à mettre en œuvre, car il faut s’intéresser non seulement à chaque bulletin, mais aussi à chaque combinaison de sièges possible. Les calculs deviennent même impossibles quand le nombre de sièges à attribuer est élevé (au-delà de 50 sièges, il est nécessaire de recourir à des approximations de résultat).

La méthode séquentielle, quant à elle, limite grandement le nombre de calculs, mais reste fastidieuse, car elle nécessite de créer un tableau avec l’intégralité des combinaisons de votes possibles sur les bulletins. À titre d’exemple, s’il y a 20 candidats à se présenter à l’élection, cela donne un total de 1 048 574 combinaisons.

Comme pour le vote par approbation, la stratégie du vote utile est théoriquement possible, mais son impact est très limité : puisqu’il n’y a pas de seuil électoral, tous les candidats ont une chance d’être représentés. Voter pour un candidat secondaire n’empêche pas de voter pour son candidat de cœur.

Utilisation

Le vote par approbation proportionnel a été utilisé en Suède pour l’élection des parlementaires sous le nom de vote de Thiele. Il est encore aujourd’hui utilisé à l’échelon local.

Sources

Wikipédia ENG – Proportional approval voting

Wikipédia ENG – Sequential proportional approval voting

Wikipédia ENG – Comparison of electoral systems

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